- Comparez des revenus NETS, jamais un loyer mensuel à un prix à la nuitée.
- En résidence principale, la location est plafonnée à 120 jours par an (90 dans certaines communes).
- Depuis la loi du 19 novembre 2024, un meublé de tourisme non classé n'a plus que 30 % d'abattement, avec un seuil micro-BIC à 15 000 €.
- Le classement en meublé de tourisme fait passer l'abattement à 50 % et le seuil à 77 700 €.
- Le temps passé est le coût caché numéro un de la courte durée.
C'est la question que se pose tout propriétaire avant de mettre un bien en location : vaut-il mieux louer à la nuitée, ou signer un bail classique ? La réponse honnête est qu'il n'y en a pas une seule — elle dépend de votre ville, de votre bien, de votre fiscalité et du temps que vous êtes prêt à y consacrer.
Ce guide pose la méthode de calcul, puis les cinq critères qui font réellement pencher la balance. Les règles fiscales et réglementaires citées sont celles en vigueur à la date de mise à jour indiquée en bas de page ; elles bougent souvent, vérifiez-les avant de décider.
1. Comparer ce qui est comparable : le revenu NET
La première erreur consiste à comparer un loyer mensuel à un prix à la nuitée. Une nuit à 110 € ne vaut pas 3 300 € par mois : entre les deux, il y a le taux d'occupation, les frais, et l'impôt.
La bonne formule pour la courte durée :
Revenu net = (prix moyen par nuit × nombre de nuits réellement louées) − commissions des plateformes − ménage et linge − consommables − charges et abonnements − assurance − fiscalité
Pour la longue durée :
Revenu net = (loyer mensuel × 12) − charges non récupérables − provision pour vacance locative et impayés − entretien − fiscalité
Tant que vous n'avez pas les deux nombres, vous ne comparez rien. Et le poste qui fausse le plus les calculs amateurs est le taux d'occupation : il ne se devine pas, il s'observe sur des biens comparables, au même endroit, à la même saison.
Un exemple chiffré — à recalculer avec VOS chiffres
Prenons un deux-pièces, loué 95 € la nuit en moyenne, occupé 18 nuits par mois :
- Recettes : 95 × 18 = 1 710 € par mois
- Commission de la plateforme : à déduire, son taux dépend du modèle de frais retenu dans votre compte hôte
- Ménage et linge : à déduire, sauf si refacturé au voyageur
- Charges, énergie, wifi, consommables : à déduire
Le même bien en location nue à 900 € par mois rapporte 10 800 € par an, sans ménage ni rotation, mais sans les mois creux non plus. L'écart brut est spectaculaire ; l'écart net, beaucoup moins. Ces montants sont une illustration de méthode, pas une promesse de rendement : remplacez-les par les prix constatés sur votre rue.
2. La réglementation : le critère qui peut trancher à votre place
En zone tendue — et Paris comme la petite couronne en font partie — la courte durée n'est pas librement accessible. Trois règles peuvent suffire à fermer la porte.
La limite de jours si c'est votre résidence principale
Louer sa résidence principale en meublé de tourisme est possible, mais plafonné : au maximum 120 jours par année civile, et la commune peut abaisser cette limite jusqu'à 90 jours. Le dépassement est passible d'une amende civile pouvant atteindre 10 000 €. La durée de location à un même client ne peut pas dépasser 90 jours consécutifs.
La déclaration en mairie et le numéro d'enregistrement
Dans un nombre croissant de communes, vous devez déclarer le meublé en mairie et faire figurer le numéro d'enregistrement obtenu dans chacune de vos annonces. Les plateformes contrôlent ce numéro et retirent les annonces sans numéro valide. L'obligation de déclaration préalable, longtemps réservée à certaines communes, a été étendue : renseignez-vous auprès de la vôtre avant de publier.
Le changement d'usage, et la copropriété
Si le bien n'est pas votre résidence principale, les grandes communes peuvent exiger une autorisation de changement d'usage, parfois assortie d'une obligation de compensation. Vérifiez également le règlement de copropriété : certains interdisent purement la location de courte durée, et le syndicat peut faire cesser l'activité.
À cela s'ajoute l'immatriculation : l'activité doit être déclarée pour obtenir un numéro SIRET, dans les 15 jours suivant son démarrage, sur le guichet des formalités des entreprises.
3. La fiscalité : l'écart s'est resserré
C'est le point qui a le plus changé ces deux dernières années. La loi n° 2024-1039 du 19 novembre 2024 a nettement réduit l'avantage fiscal du meublé de tourisme.
Pour les revenus 2025, déclarés en 2026, au régime micro :
- Meublé de tourisme non classé : abattement de 30 %, seuil du régime micro-BIC ramené à 15 000 € de recettes.
- Meublé de tourisme classé : abattement de 50 %, seuil de 77 700 €.
- Location meublée de longue durée (hors tourisme) : abattement de 50 %, seuil de 77 700 €.
- Location nue, au micro-foncier : abattement de 30 %, plafond de 15 000 € de revenus bruts fonciers.
Deux conséquences concrètes. D'abord, un meublé de tourisme non classé qui dépasse 15 000 € de recettes bascule au régime réel : tenue de comptabilité, mais aussi déduction des charges réelles et de l'amortissement, souvent plus favorable. Ensuite, le classement en meublé de tourisme (1 à 5 étoiles, démarche facultative) change désormais la donne : il fait passer l'abattement de 30 % à 50 % et relève fortement le seuil. Pour un bien qui tourne bien, c'est la première démarche à étudier.
Ajoutez la taxe de séjour, à collecter auprès des voyageurs et à reverser, et la cotisation foncière des entreprises, due dans la plupart des cas.
4. Les quatre autres critères qui décident
Le temps
Une location longue durée demande quelques heures par an. Une location courte durée, c'est une petite exploitation : messages des voyageurs, remises de clés, ménage à caler entre deux séjours, linge, consommables, incidents. Comptez plusieurs heures par semaine en haute saison, y compris le week-end et le soir. C'est le vrai coût caché.
Le risque de vacance
En longue durée, le risque est concentré : un mauvais locataire, un impayé, et l'année est abîmée. En courte durée, le risque est dilué sur des dizaines de séjours, mais permanent : chaque semaine vide est une semaine perdue. La courte durée protège mieux du risque d'impayé ; elle expose davantage à la saisonnalité.
La disponibilité du bien
La courte durée vous laisse récupérer votre logement quand vous voulez. Un bail d'habitation, non : vous êtes engagé, avec un préavis encadré et des motifs de congé limités. Pour un pied-à-terre ou un bien que vous comptez vendre à moyen terme, c'est un argument lourd.
L'usure du bien
Des dizaines de rotations par an usent un logement plus vite qu'un locataire à l'année. Provisionnez le remplacement du linge, de la vaisselle et du petit mobilier, et prévoyez une remise en peinture plus fréquente.
5. Alors, laquelle est la plus rentable ?
En brut, la courte durée l'emporte presque toujours dans les zones touristiques et les grandes villes bien desservies. En net, l'écart se resserre fortement dès qu'on intègre les frais d'exploitation, le temps passé et, depuis 2025, la fiscalité.
Le raisonnement utile tient en trois questions :
- Ai-je le droit ? Résidence principale ou non, commune, copropriété, bailleur. Si la réponse est non, le débat est clos.
- Quel est mon taux d'occupation réaliste ? Pas le meilleur mois : la moyenne sur douze mois, observée sur des biens comparables.
- Combien vaut mon temps ? Si la gestion vous coûte plus que la différence de revenu net, la longue durée gagne — ou alors il faut déléguer.
Un cas fréquent, et souvent le bon compromis : la courte durée déléguée. Vous conservez l'essentiel du surplus de revenu et la disponibilité du bien, sans en porter l'exploitation.
Faire le calcul sur votre bien
Nous estimons gratuitement le potentiel d'un logement à partir des prix réellement constatés dans votre secteur — pas d'une moyenne nationale. Estimer mes revenus ou nous en parler.
Les règles fiscales et réglementaires citées évoluent régulièrement. Vérifiez-les sur impots.gouv.fr et service-public.gouv.fr avant toute décision, ou rapprochez-vous de votre conseil.
Questions fréquentes
120 jours par année civile au maximum, et la commune peut abaisser cette limite jusqu'à 90 jours. Le dépassement expose à une amende civile pouvant atteindre 10 000 €. Un même client ne peut pas rester plus de 90 jours consécutifs.
Depuis les revenus 2025, il fait passer l'abattement forfaitaire de 30 % à 50 % et relève le seuil du régime micro-BIC de 15 000 € à 77 700 €. Pour un bien qui génère des recettes significatives, c'est la première démarche à étudier.
Oui. Certains règlements de copropriété l'interdisent, et le syndicat peut faire cesser l'activité. Il faut lire le règlement avant d'investir, pas après.
Oui, l'activité doit être déclarée pour obtenir un numéro SIRET, dans les 15 jours suivant son démarrage, via le guichet des formalités des entreprises. La démarche est gratuite.
Mis à jour le 22 septembre 2026